L’European Heat Pump Association a appelé à mettre en place des dérogations PFAS spécifiques à chaque application, notamment des exemptions sans limite de durée lorsque les fluides frigorigènes non polyfluorés ne sont pas techniquement réalisables, économiquement viables ou déployables à grande échelle en toute sécurité. L’EHPA propose de réexaminer ces exemptions 10 ans après l’entrée en vigueur de la restriction.
Les pompes à chaleur monobloc air-eau extérieures figurent parmi les catégories les plus avancées dans la transition, avec des produits hermétiques d’usine utilisant des fluides frigorigènes non polyfluorés déjà commercialisés. Les fluides frigorigènes fluorés restent dominants dans les unités de plus grande puissance, de 70 à 200 kW, bien que le R290 et d’autres solutions de substitution fassent leur entrée dans cette plage de puissance.
Les systèmes split, multi-split et VRF sont confrontés à des obstacles plus importants liés aux limites de charge de fluide frigorigène, à l’inflammabilité, à la conception des systèmes, aux performances énergétiques et aux exigences de sécurité des bâtiments. L’EHPA estime que la période générale de transition proposée de 18 mois est insuffisante pour la plupart des applications fixes de froid, de climatisation et de pompes à chaleur, car la reconception, les essais, la certification, les modifications de production et la formation des installateurs peuvent prendre plusieurs années.
Les pompes à chaleur destinées aux applications industrielles et aux réseaux de chaleur présentent des contraintes supplémentaires lorsque les systèmes doivent fournir des températures de 90 °C ou plus. L’utilisation du R290 est limitée par les exigences relatives à la quantité de charge et à l’inflammabilité, les installations au NH3 nécessitent des mesures comprenant la ventilation et la détection des fuites, et le CO2 peut perdre en efficacité aux écarts de température requis par les réseaux de chaleur. Les installations existantes peuvent également nécessiter une reconception importante des compresseurs, des échangeurs de chaleur et des tuyauteries avant tout changement de fluide frigorigène.
L’EHPA propose de conditionner les dérogations à la disponibilité démontrée de solutions de substitution adaptées, plutôt que d’appliquer une échéance unique à tous les groupes de produits. Elle soutient également la mise en place de seuils de taux de fuite, d’une surveillance renforcée et de la récupération obligatoire des fluides frigorigènes en fin de vie. La base industrielle européenne des pompes à chaleur comprend plus de 300 sites de production, qui représentent environ 433 000 emplois directs et indirects, tandis que les 28 millions de pompes à chaleur installées permettent d’éviter chaque année une consommation estimée à 21 milliards de m³ de gaz et l’émission de 45 millions de tonnes de CO2.








